IMAGES de la performance Equinox.

  • port
  • Max Wyse
  • 70452933_3426533437360705_8364183822362738688_n
  • 71079307_3426531530694229_5433696051112443904_n
  • 20190924_151221t
  • 71187575_3426548514025864_5327066650401308672_n
  • 71296589_3426535247360524_9099909134597226496_n
  • 20190924_151402t
  • 20190924_152054t
  • 71097282_3426532954027420_2302770020242948096_n
  • 70752496_3426536077360441_1484371453758406656_n
  • Max Wyse 2
  • 20190924_152059t
  • 70793694_3426538594026856_4379162957242695680_n
  • 20190924_152744
  • 71014848_3426541637359885_7249314400853557248_n
  • 20190924_152831t
  • marx horde
  • 70969672_3426546700692712_8862901410295971840_o
  • 71093165_3426544857359563_9174750962659622912_n
  • 20190924_155224t
  • 20190924_155253t

Performance Equinox, le 24 septembre 2019, dans l’espace publique, Sète.
Organisé par Julien Bouissou, en réponse à Equinox to Equinox des groupes PAErsche et Bbeyond, un espace/temps expérimental de rencontre d’artistes à travers l’action collective et spontanée dans l’espace public.

Avec Martine Viale, Manon Di Chiappari, Max Horde, Ihsane Baraka, Camille Santacreu, Maite Soler, Bénédicte Bureau, Lökös Debreceni, Julien Bouissou

Photo: Max Wyse, Julien Cavaillon, Jean Graybeal, Lökös Debreceni, Max Horde,

TEXTE par Jean Graybeal :

« Je vois des personnes arriver tranquillement sur un espace vide, à côté du canal, où d’autres gens attendent le Petit Train, pour aller visiter la ville en touristes. Une femme commence à dérouler un fil orange autour des pilons en béton. Elle a l’air sérieux et concentré. A un moment donné, je dois libérer ce fil de mon pied, et je fais un petit geste en arrière. Le femme me regarde sans réagir, et je laisse tomber le fil.

Je regarde d’autre performeurs ; un homme agenouillé lèche des feuilles de papier, et sa langue y dépose une longue trace de peinture rouge (…) Un autre s’approche de lui et lui demande de lui lécher les bottes ; il s’y met de suite.

De l’autre côté de l’espace je vois une forme, clairement une femme, allongée au bord d’un espace sablé. Elle est complètement immobile… sauf que non. La prochaine fois que je la regarde, elle a changé très subtilement de position … elle se pousse par les orteils. Ces petits orteils ont assez de force pour pousser son corps et le faire bouger contre ce sable…

Je sais que c’est Maite, mais c’est autre chose pour le moment. C’est un corps dans une robe verte, étendu dans une position inconfortable, sur un bac de sable. À cet instant, chaque autre performeur est assez clairement en performance. Ils font des actions bizarres, surréalistes, sans sens apparent, parfois belles, parfois laides, parfois en relation avec des autres, la plupart du temps seuls, comme des électrons libres qui tournent dans l’espace.

Si on voyait, si je voyais une des autres personnes par hasard, dans la rue, se comporter ainsi, je saurais tout de suite que c’est un spectacle. Pour cette femme allongée, maladroitement, c’est impossible à savoir. Parce que je sais que c’est Maite, je ne suis pas inquiète. Et aussi, il y a plein de performeurs tout près d’elle, alors ça doit être un spectacle. Mais, même si c’est elle, elle me paraît si mal placée dans le monde que je me sens anxieuse. Elle continue à se rallonger, invisiblement, et enfin elle commence à se tourner sur le dos. Elle me paraît encore moins à l’aise – ses jambes sont recroquevillées au-dessus d’elle – elle ne tremble pas – le soleil se couvre – elle peut avoir froid – j’ai envie d’enfiler ma polaire – ou de la lui passer – est-ce que c’est ok ? Il ne faut pas qu’elle ait froid. Je ne veux pas dépasser les règles du jeu – je reste sans consignes – je me retiens et évite de briser le quatrième mur. C’est mon corps qui tremble, en effet, pas le sien, pas du tout.

Je regarde de loin pendant qu’une femme apporte une sorte d’abri pour couvrir ce corps souffrant, ou juste là ? Cet abri est construit de bâtons pliés, entourés par des centaines de mètres de fil orange et de ruban de cassette. C’est une tente parfaitement inutile, mais la femme y reste là-dedans pour essayer de protéger la femme au sol.  – elle essuie le visage avec des pétales de fleurs. Maite reste inconsciente, bouge encore très lentement, ni accueillant ni rejetant ces gestes de soutien ou de compassion.

Elle est maintenant sur le ventre, visage écrasé sur le sable. L’autre essaie de la libérer du ruban et du fil et de la structure très encombrante. Elle travaille sans outils – elle casse tout avec ses mains ; c’est du boulot. J’ai encore envie de courir chercher les ciseaux de la femme au fil orange, pour l’aider, mais … je me retiens.

Enfin, l’abri est défait. Maite se redresse, regard vide. Une larme coule. Chez moi aussi. L’autre essuie ses jambes, son visage, l’accompagne muettement. Je suis derrière la barrière, toute proche, touchée, émue, pleine de … de quoi ? »

 

TEXTE par Mireille Tousaint (à propos de la performance de Maite Soler):

« Chrysalide verte.
Nymphe parmi les nymphes.
Tu deviens qui tu es.
Centrée.
Vivante et présente à ton devenir.

Endormie, impénétrable, tu te laisses approcher.
Puis enfermer.

Peu importe la beauté de la cage.
Toi seule sait combien tan beauté sera plus grande encore. »